L'HUMEUR
DE RICHARD CAIRASCHI
sur
FRANCE BLEUE AZUR
chroniques
quotidiennes à : 5 h 45, 7 h 46,17 h 40
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Profite
Là je suis devant la fenêtre, je regarde la neige descendre
doucement des montagnes. Entre elles et moi, il y a toute la vallée.
Elle sera ici dans une heure ou deux...
C’est d’un calme, j’entends ma chatte respirer. Je
crois qu’elle fait un peu d’emphysème, et puis elle
ronfle.
A part ça, tout est calme, même mieux, c’est mort.
En plus, c’est jour de fermeture des commerces, c’est encore
plus mort. Le village est devenu une cité dortoir.
Les rues sont vides et les autres habitants sont comme moi bien au chaud
appréciant le silence. C’est vachement bien le silence.
Pas de musique, pas de télé, pas de radio. Juste les bruits
de la maison et il y a des grincements, des bruits de pendule et la
neige qui approche, c’est calme !
En ce moment je ne sais pas ce qui se passe, mais c’est jamais
le même facteur. Imaginez pour quelqu’un
qui ne connaît pas le village, d’ailleurs, moi qui le connais
vraiment, avec ses emménagements et déménagements
multiples, imaginez la difficulté, le puzzle à reconstituer,
trouver les rues : carriera plana, souta lou baous, la placette, carriera
dei mesca, un vrai jeu de piste.
Je l’ai guettée la factrice. Quand elle m’a vu, elle
m’a dit : « Ah, c’est vous, j’ai du courrier
pour vous. Vous avez vu, c’est super, il neige…
Roger : -
Voilà,
ça c’est beau quelqu’un qui a le moral ! Toi tu compliques
toujours tout. Profites un peu.
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12 05
L’accent du rire
Oh vous, vous avez l’accent ! Ah oui ? et vous non, peut-être
!
L’accent, c’est ce qui reste d’une langue, c’est
ce qui fait qu’on vient d’un endroit et pas d’un autre.
Laisse-moi t’écouter parler, je te dirais d’où
tu viens. En t’écoutant, je verrai des images et les histoires
de ton pays prendraient des couleurs.
A la télévision, c’est interdit l’accent.
Pas seulement le notre, tous les accents sont interdits.
Annoncer des catastrophes avec l’accent du Sud ne ferait pas sérieux,
mais il y a quelques exceptions quand même. On peut avoir l’accent
dans les émissions culinaires, c’est même recommandé.
Le commentateur de rugby a le droit de garder son accent du Sud Ouest,
ça fait plus vrai.
D’un autre côté, l’accent fait vendre. Notre
accent fait rire les gens du Nord comme nous nous rions du leur. D’ailleurs,
on va leur raconter des blagues à Paris avec l’accent bien
gras et après dans les interviews à la télé,
on parle avec la bouche fine.
Il y a quelques années, un soir de froid dans la capitale, je
suis rentré dans une boulangerie pour demander du pain. La boulangère
derrière son comptoir a éclaté de rire et cherché
les mitrons en me demandant de répéter : « je voudrais
du pain, du pin » ils étaient morts de rire. Chez eux,
on dit « pain » ou baguette.
Pendant qu’ils riaient, je me disais que quand on rit, non n’a
pas d’accent.
Roger : - Et toi, t’as ri ou t’as pas ri à
Paris ?
28 11 05
On et off
"Si tu me téléphones, fais bien attention, Ah Ah
ah, que ce soit pas mon père qui prenne la communication, car
je devrais, hé, hé, lui expliquer qui tu es, ce que tu
fais et depuis quand on se connaît", chantait Johny Halliday
dans l’ancien siècle. C’était vraiment avant.
Maintenant, le téléphone, les nouveaux-nés naissent
avec. Dans un jour pas très lointain, chacun se verra attribuer
un numéro de téléphone qui sera aussi son matricule
de voiture et son numéro de sécu, son numéro, quoi,
pour la vie.
Heureusement qu’on n’en est pas encore là et le portable
se porte bien. Celui qui n’en a pas passe pour un contemporain
de Vercingétorix. Comme dit Francine, « et comment on faisait
avant ? »
On sait comment on faisait avant, la queue devant une cabine téléphonique
qui marchait pas. Aller à la poste pour téléphoner,
dans les bars, un café–téléphone s’il
vous plait : « au fond, à gauche ». C’est les
cabèches qui sont au fond à droite.
C’est comme ça que ça se faisait avant ; mais après
? on a la vitesse technologique qui prend la téléphonie
mondiale, celui qui ne sera pas ingénieur de naissance pour utiliser
ce miracle technologique qu’est le portable, sera largué.
Je suis largué.
Roger : - T’avais qu’à pas l’acheter.
T’as pas résisté, t’as fait comme tout le
monde… Tu l’as, ton portable. Moi, j’y comprends rien,
et je veux pas comprendre, mais ce que je sais, c’est que sur
toutes les machines y’a on et off, t’as qu’à
t’en servir/