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Hospice dessus
Humour au mouroir Disons tout de suite que ce titre est détestable, qui promet de la grasse rigolade à la Coluche (Paix à ses cendres). Le dernier spectacle de Richard Cairaschi est bien au-dessus de ça. D'abord, Cairaschi n'est pas un comique, mais un comédien, au sens aigu du ton, un geste précis et toujours juste (c'est pas la même chose), pas de tics ni de ficelles, mais une connaissance assurée de l'effet comique. C'est aussi un écrivain, avec un réel goût du verbe, un plaisir du mot en bouche, qu'il soit provençal, Parigot, nissart ou italien, un don pour l'observation corrosive, la notation vive, le sens du croquis vite enlevé, de la ligne expressive. Et puis Cairaschi a une réelle humanité.
Il sait être cruel, parce que c'est la vérité du
rire. Mais, tout rougne qu'il est, il a une tendresse sincère.
Il aime les gens qui tentent de garder la tête levée dans
leur naufrage. Tous ces personnages, vieux débris, pauvres cloches,
paumés sans retour sont un peu, rien qu'un peu des personnages
combattants. Ce qu'il nous rapporte de ces longues visites aux hospices ( où il a longtemps donné ses spectacles ) n'est ni une vision dantesque, ni du kafka soluble, ni du foie Georgina pour les pauvres chats échaudés. C'est cette vérité simple : entre les vieux cons et les autres, il n'y a qu'une différence d'âge. Les vieux n'ont plus rien à faire croire, n'ont plus à se battre que pour l'honneur. Les jeunes cons persécutent les autres pour agrandir leur living, arrondir les fins de mois, nettoyer les décombres, dégager les croulants. Sans même l'excuse d'être fatigué. Enfin faut pas que j'oublie l'essentiel
: Cairaschi fait mourir de rire. |